Zikof

Ces 17 titres de films français sont si absurdes qu'on les croirait inventés

Publié le 11 mai 2026 · 6 min de lecture · Par Zikof

Le cinéma français a parfois osé des titres tellement longs et invraisemblables qu'on dirait des canulars. Pourtant, ils existent. Voici 17 perles signées Audiard, Pécas, Lamoureux ou Mocky — toutes vérifiables — qui prouvent que la comédie française des années 60-80 était une école d'absurde.

Avant Wes Anderson et ses titres bizarres, avant les sous-titres ironiques des comédies anglo-saxonnes, il y avait Michel Audiard. Un dialoguiste qui balançait des phrases entières en guise de titre, comme un comptoir de PMU qui aurait squatté l'affiche. À l'époque, le cinéma populaire français vendait du second degré au mètre. Et personne ne reculait devant la longueur, l'absurde, ou la pure provocation typographique.

Le résultat ? Une collection de titres tellement frappés qu'aujourd'hui, on les confondrait avec des générateurs aléatoires. Mais non, ils sont bien réels. Voici la sélection.

Les rois du titre kilométrique : Audiard, le maître absolu

Michel Audiard, c'est la référence en matière de titre-phrase. Trois exemples suffisent à comprendre pourquoi il a marqué l'histoire.

1Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages
Michel Audiard — 1968

L'un des titres-fleuve les plus iconiques du cinéma français. Une expression imagée qu'Audiard transforme en affiche, sans qu'on sache vraiment ce que ça veut dire (et c'est précisément le sujet). Marlène Jobert et Bernard Blier y règlent leurs comptes avec la mafia marseillaise.

2Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques
Michel Audiard — 1971

Le titre lui-même est une oeuvre. Aucune jonque ni cormoran dans le film, qui est en fait un polar comique avec Michel Serrault. L'idée d'Audiard : balancer un titre tellement poétique qu'il devient absurde. Mission accomplie.

3Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause !
Michel Audiard — 1970

Un portrait-titre, déjà gros spoiler, déjà gros punchline. Annie Girardot y joue une femme parfaite… sauf qu'elle parle trop. Le titre vaut presque mieux que le film.

Max Pécas et la comédie de plage : l'art du titre-slogan

Si Audiard est l'artisan, Max Pécas est l'industriel. Le réalisateur des comédies de bord de mer (souvent classées soft) avait l'art de coller un titre qui fonctionne comme un dicton. Pas besoin de voir le film : le titre raconte déjà tout.

4Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu
Max Pécas — 1980

Une devise populaire transformée en blockbuster du dimanche soir à la télé. Le film, tourné en quelques semaines, vaut surtout pour son titre. Lui-même est devenu une expression courante.

5On se calme et on boit frais à Saint-Tropez
Max Pécas — 1987

Quand Max Pécas écrit un titre, il visualise déjà une affiche jaune avec un palmier. Et il a raison. La comédie est convenue, le titre est intemporel.

La trilogie de la 7e Compagnie : la saga la plus improbable

Robert Lamoureux n'aurait jamais imaginé qu'un film tourné avec deux soldats perdus dans les Vosges deviendrait une saga. Pourtant, c'est arrivé. Et les titres, eux, racontent l'évolution de l'absurde.

6Mais où est donc passée la 7e Compagnie ?
Robert Lamoureux — 1973

Première question rhétorique posée par un titre de film français. 4 millions de spectateurs y répondent en se précipitant en salle.

7On a retrouvé la 7e Compagnie !
Robert Lamoureux — 1975

La réponse à la question du film 1. Le titre confirme ce qu'on espérait depuis 2 ans. Toujours 4 millions de spectateurs.

8La 7e Compagnie au clair de lune
Robert Lamoureux — 1977

Le 3e épisode, où on ne demande plus rien : on l'accompagne au clair de lune. Total : plus de 12 millions de spectateurs sur les 3 films, sans grosse star, sans grand budget.

Les inclassables : Mocky, Coluche, Robert

9Y a-t-il un Français dans la salle ?
Jean-Pierre Mocky — 1982

Mocky a fait plus de 60 films, presque tous avec des titres provocateurs. Celui-ci est une attaque directe contre la lâcheté politique française des années Mitterrand. Le titre lui-même est devenu une formule courante.

10Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine
Coluche — 1977

Une comédie historique parodique, où Coluche réécrit la guerre de 1870 à sa sauce. Le titre paraphrase un slogan patriotique pour mieux le ridiculiser. Pure énergie punk.

11Un éléphant ça trompe énormément
Yves Robert — 1976

Le titre joue sur un mot d'enfance ("ça trompe énormément" = jeu de mots sur la trompe et le verbe tromper). Le film a généré une suite et est resté culte. César du Meilleur scénario à Jean-Loup Dabadie.

Les années 80 : la décennie du titre-déclaration

12Tais-toi quand tu parles !
Philippe Clair — 1981

Une contradiction-titre. Avec Aldo Maccione qui fait du Aldo Maccione, ce qui justifie largement l'ordre paradoxal.

13T'empêches tout le monde de dormir
Gérard Lauzier — 1982

Le reproche le plus universel transformé en titre de film. Daniel Auteuil y joue un loser qui dérange par sa seule existence. Très années 80, très drôle.

14Quand passent les faisans
Édouard Molinaro — 1965

Plus ancien de la liste. "Les faisans" en argot = les pigeons, les naïfs qu'on plume. Lino Ventura, Bernard Blier et Jean Lefebvre dans un polar parodique. Très Audiard dans l'esprit (et c'est lui qui signe les dialogues).

15Le Père Noël est une ordure
Jean-Marie Poiré — 1982

Échec à sa sortie. Devenu culte via VHS et rediffusions. Aujourd'hui c'est l'un des films français les plus connus, et le titre a sa propre vie : il est devenu une expression.

🎬 Sauras-tu repérer le faux titre ?

3 vrais films français, 1 imposteur. Le quiz Le Faux Film Français te met à l'épreuve sur 5 manches rapides.

Jouer maintenant →

Pour les amateurs d'art et essai : la touche Desplechin

16Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle)
Arnaud Desplechin — 1996

Plus récent, mais tout aussi improbable. La parenthèse fait partie du titre officiel. Un film-fleuve de 3h sur les amours d'un thésard parisien — Mathieu Amalric, Marianne Denicourt. Le titre lui-même est une référence post-moderne au discours indirect libre.

Et un dernier coup de chapeau à Gérard Oury

17Les Aventures de Rabbi Jacob
Gérard Oury — 1973

Moins long que les autres, mais tout aussi mémorable. Louis de Funès en industriel raciste forcé de se déguiser en rabbin — un titre simple, un film qui a bouleversé la comédie française. 7 millions de spectateurs, et la danse hassidique entrée dans la culture populaire.

Pourquoi ces titres existent (la vraie raison)

Au-delà du folklore, ces titres absurdes répondent à une logique économique précise : l'affiche faisait office de bande-annonce à l'époque. Pas de YouTube, pas de TikTok — juste 4 mètres carrés sur les panneaux Decaux. Un titre long et marquant captait l'œil bien mieux qu'un titre sec. Pécas l'avait compris dès les années 70, Audiard avant lui.

Cette tradition s'est éteinte avec l'arrivée du marketing américain à la fin des années 80 : titres courts, accrocheurs, internationalisables. Mais elle a laissé en héritage cette idée géniale qu'un titre peut être en soi une œuvre.

À toi de jouer : trouve l'imposteur

Maintenant que tu connais le terrain, mets-toi à l'épreuve. Le Faux Film Français te propose, à chaque manche, 4 titres : 3 vrais films français, 1 totalement inventé. À toi de repérer le faux en sachant que le cinéma français a vraiment osé Audiard, Pécas et Lamoureux. Le doute est garanti. Et si tu préfères deviner un titre de film lettre par lettre, essaie Wordle Films, le Wordle du cinéma : un nouveau film à trouver chaque jour.

🎬 Joue au Faux Film Français

5 manches, ~2 minutes, score partageable. Sauras-tu démasquer l'imposteur ?

C'est parti →

Article publié le 11 mai 2026 sur Zikof, le portail français de mini-jeux culture pop quotidiens. Tous les vrais titres mentionnés sont vérifiables sur Wikipédia, AlloCiné et IMDb.

Sources : Wikipédia (filmographies Audiard, Pécas, Oury, Lamoureux), AlloCiné, IMDb, Sens Critique.

Gérer mes cookies